Le bord du masque m'a mordu la tempe dès l'entrée dans l'eau, puis une fine ligne humide a glissé vers mon nez. En tant que rédactrice spécialisée pour le magazine nautique Akwaba, j'ai noté ce test comme je note mes essais d'équipement. On vit à deux, mon compagnon et moi, dans la région de Poitiers. Je suis partie pendant 5 jours sur la côte vendéenne pour cinq sorties, et j'ai gardé en tête les repères de l'IFREMER. J'ai été convaincue dès la deuxième sortie que le problème venait moins du masque que de la sangle.
Comment j’ai organisé mes cinq sorties pour tester la sangle dans différentes positions
J'ai réparti mes 5 sorties sur 5 jours, avec des sessions de 32, 38, 41, 44 et 47 minutes. L'eau affichait 18°C le matin et 19°C en fin d'après-midi, et je nageais d'abord en eau peu profonde. Je suis partie à chaque fois dans le même clapot léger, pour comparer les réglages sans brouiller les pistes. Le clapot venait de travers par instants, et je voulais voir si la sangle tenait quand je tournais la tête.
J'ai utilisé un masque à jupe silicone, un tuba simple sans soupape et des palmes chaussantes. J'ai gardé ma combinaison Beuchat Equipe Longue de 2012 sur les deux premières sorties, puis je l'ai retirée quand l'eau s'est un peu adoucie. Mes années passées près de l’eau à La Rochelle m'a appris à regarder d'abord la jupe, pas seulement le verre. Je n'ai pas changé de tuba entre les sorties, pour éviter de fausser la lecture.
J'ai déplacé la sangle de 3 cm vers l'arrière, d'abord sur mes cheveux, puis plus haut quand j'ai essayé une cagoule fine. J'ai noté à chaque sortie le moment où la buée revenait, la place de la trace humide, et le nombre de pauses. Le plus simple a été de compter les minutes avant la première gêne et de comparer ce que je voyais en rentrant. J'ai commencé par le masque, puis le tuba, puis les palmes, dans cet ordre-là à chaque fois.
Le jour où j'ai compris que ça ne marchait pas quand la sangle était mal positionnée
Sur la première sortie, j'ai laissé la sangle à sa place d'origine et je l'ai serrée un peu trop. Au bout de 10 minutes, la buée a tracé une ligne du haut du masque vers le nez. Je me suis retrouvée à relever le masque toutes les 10 minutes, et j'ai fini avec des marques rouges sur les joues. Je passais alors plus de temps à vider le masque qu'à regarder devant moi. Je n'ai pas aimé ça du tout.
J'ai aussi enfilé mes palmes trop vite, directement sur le sable, et un grain s'est coincé dans le chausson gauche. Au bout de 40 minutes, j'ai senti un point de chaud sur le dessus du pied, puis une gêne au talon à chaque battement. J'ai fini par desserrer d'un cran, mais le frottement était déjà installé. Le chausson chauffait d'autant plus que je prenais de l'appui dans le petit clapot.
Le pire est venu avec le masque non dégraissé. J'avais rincé le verre vite fait, puis je suis partie quand même, et la buée est revenue comme un film opaque en quelques minutes. J'ai soufflé dans le masque, j'ai ajusté la sangle, puis j'ai recommencé sans vrai mieux. Depuis mes années comme Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba), je sais que le petit détail préparatoire pèse plus que le matériel lui-même. Cette fois, j'en ai eu la preuve.
J'ai remarqué que la trace humide au coin gauche de l'œil apparaissait systématiquement quand je relevais la tête, signe que la jupe ne faisait pas son travail. J'ai noté la même marque sur trois sorties, toujours du même côté, et cette répétition m'a frappée. J'ai arrêté de chercher une faute au hasard et j'ai regardé la position de la sangle.
La sortie où j'ai déplacé la sangle et tout a changé
La troisième sortie, j'ai décalé la sangle de 3 cm vers l'arrière, juste au-dessus de la nuque. Dès l'entrée dans l'eau, j'ai été frappée par le petit bruit court d'aspiration quand la jupe a mieux collé. La pression sur le front a baissé, et je me suis sentie plus calme dès les premiers mètres. J'avais le visage moins crispé, et mes mâchoires ne forçaient plus pour tenir l'embout.
J'ai tenu 47 minutes sans relever le masque une seule fois, alors qu'à la première sortie je m'arrêtais au bout de 20 minutes. La buée a presque disparu, sauf une fine ligne au démarrage, et je n'ai plus eu cette trace humide au coin gauche de l'œil. Mon tuba a aussi mieux respiré, parce que je n'avais plus besoin de souffler fort après chaque vague latérale. Je pouvais nager sans lever le front, ce qui m'a paru presque banal après coup.
J'ai entendu le glouglou sec du tuba seulement quand une vague de travers est entrée par le haut du tube. Ce son m'a agacée une fois, mais il m'a servi de repère, car la sangle plus haute stabilisait ma tête. J'ai senti un léger goût d'eau salée une seule fois, puis il a disparu dès que j'ai soufflé plus franchement. Je suis devenue plus attentive à l'angle de l'embout, et le masque a cessé de remonter quand je regardais à droite. Le bruit était court, sec, et je l'ai entendu seulement deux fois sur la sortie.
J'ai aussi raccourci d'un cran le chausson de la palme droite, puis j'ai remis l'embout du tuba un peu plus haut sur la joue. Mes battements sont restés plus souples, et je n'ai plus eu cette sensation de chaud sur le dessus du pied. Avec mon compagnon, sans enfants, j'ai fini la boucle sans cette petite lutte contre mon matériel. Le sable ne coinçait plus dans la boucle, et j'ai refermé la sangle sans tirer.
Mon verdict factuel après cinq sorties, entre progrès et limites
J'ai comparé mes notes sur 5 sorties, et je suis passée de 20 minutes avant gêne à 47 minutes de nage continue. J'ai aussi vu que la sangle posée 3 cm plus haut changeait plus vite le rendu que n'importe quel changement de masque. En 12 ans chez Akwaba, j'ai appris à me méfier des impressions trop rapides, et ce test me l'a rappelé. Je retrouvais aussi une respiration plus simple, parce que je n'avais plus cette gêne qui me coupait le rythme.
Je n'ai pas tout réglé d'un coup, et la buée est revenue sur une sortie ventée quand j'avais rincé le masque trop vite. J'ai aussi gardé une gêne sur le chausson gauche après une heure, parce qu'un grain de sable était resté dedans. Là, je suis restée prudente, car dès qu'une douleur ou une pression ne cède pas, je laisse ce point à un moniteur de plongée. J'ai gardé la même habitude de rincer, puis de secouer le tuba avant de le ranger.
Dans mon cas, ce réglage sert surtout à une personne qui accepte de prendre 15 minutes au départ pour revoir la sangle. Je le trouve utile pour une personne qui débute et veut arrêter les fuites frustrantes sans changer tout son ensemble. Je le trouve aussi utile quand on nage avec des cheveux longs ou une cagoule fine, car la sangle bouge moins. Quand je cherche un gain net, je préfère ce type de réglage à un achat précipité.
Je garde quand même un œil sur les sangles plus larges et sur les masques avec soupape de purge, car je veux encore les comparer en mer calme. Je rince mon masque à l'eau douce après chaque sortie, puis je le laisse sécher à l'air libre, et je vois moins de grains dans les boucles. Dans la ligne des repères de l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER), je retiens surtout qu'un matériel propre se tient mieux à l'usage. Je vois encore la différence quand je reprends le masque après séchage.
Le glouglou sec du tuba, qui m'avait tant agacée en première sortie, a presque disparu grâce à un meilleur positionnement de la sangle. Cette sangle a stabilisé ma tête et le masque. J'ai encore eu un léger goût d'eau salée une fois, mais il s'est éteint aussitôt que j'ai soufflé plus franchement. Quand je suis rentrée au parking de Fromentine avec mon compagnon, sans enfants, j'ai compris que ce réglage valait bien mes 15 minutes de reprise. Je n'ai pas eu besoin d'autre matériel pour sentir ce changement.



