Sans lycra anti-UV, mon dos a piqué sous la douche du gîte Le Mistral, à la plage de la Coudoulière, et la brûlure m’a tenue 48 heures. Depuis la région de Poitiers, je suis partie trois jours vers la baie de Saint-Cyr-sur-Mer pour une sortie snorkeling légère. On vit à deux, mon compagnon et moi, et je suis restée sur une idée bête, celle de ne rien ajouter . En tant que Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba), j’avais déjà écrit sur le soleil en mer, et j’ai quand même laissé mon dos nu.
Je pensais que l’eau me protégeait, mais mon dos chauffait déjà sans que je le sente
Ce jour-là, l’eau affichait 27 degrés, le ciel restait à moitié voilé, et la surface donnait envie de glisser sans se charger. J’étais avec mon compagnon, sans enfants, et on voulait juste flotter, regarder les herbiers et rentrer sans fatigue. Je suis partie avec un petit sac, un masque, des palmes et l’idée très nette que ça suffirait.
J’ai été convaincue que la crème sur le dos ferait le travail. J’en avais mis vite fait, avec les mains un peu grasses et déjà la tête ailleurs. Au bout de 41 minutes, j’ai commencé à sentir une chaleur diffuse entre les omoplates, sans y prêter assez d’attention.
L’eau donnait une impression de fraîcheur qui effaçait tout le reste. Je n’ai pas vu que la surface renvoyait la lumière sur mon dos, surtout quand je restais face au soleil en dérivant. Le piège, c’est là, dans cette sensation trompeuse de peau calme alors qu’elle encaissait déjà.
Le retour à terre, la douche, et la douleur que je n’avais pas vue venir
Je suis rentrée au ponton avec la peau qui semblait normale. Rien n’avait l’air rouge, rien ne chauffait au toucher, et je me suis même dit que j’avais échappé au pire. Le sel avait juste laissé cette sensation sèche sur les épaules, sans autre alarme visible.
Puis je me suis retrouvée sous la douche du gîte, à Saint-Cyr-sur-Mer, et l’eau douce a mordu d’un coup sur le dos. La brûlure a pris avant même que je regarde dans le miroir. La peau tirait, picotait, et j’ai serré les dents en me rinçant pendant trois minutes qui m’ont paru interminables.
Quand j’ai levé les yeux vers le reflet, j’ai été frappée par une plaque rouge nette sur les omoplates. La ligne restait très propre, coupée par la sangle de mon gilet léger et par le bord du maillot. Une heure et vingt minutes plus tard, le tee-shirt me blessait déjà au simple contact.
Ce que cette brûlure m’a coûté en temps, argent et confort
Les 48 heures suivantes ont été pénibles. Le drap me rappelait la brûlure au moindre retournement, et mon pyjama me gênait dès que je passais l’épaule. J’ai dormi par à-coups, deux nuits d’affilée, avec cette impression de peau cartonnée qui ne laissait rien passer.
J’ai perdu une matinée à traverser le port de la Madrague jusqu’à la pharmacie, puis une autre à éviter le soleil comme si j’avais pris une claque. Le pharmacien m’a vendu une crème apaisante, et je l’ai appliquée plusieurs fois, sans pouvoir rattraper la douleur de départ. J’ai aussi rincé le dos à l’eau tiède quatre fois dans la journée, juste pour calmer la sensation de peau qui tirait.
Côté argent, la bêtise a été simple à compter. J’ai laissé 24 euros chez Decathlon pour un lycra anti-UV que j’aurais dû acheter avant la sortie. À ça, j’ai ajouté deux tubes de crème plus chère que ma crème habituelle, et je me suis retrouvée avec un budget gâché pour une seule matinée.
Ce que j’aurais dû faire et ce que je sais maintenant grâce à cette brûlure
En 12 ans chez Akwaba, mon travail de Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba) m’a appris à lire les détails que je voulais zapper quand j’étais pressée. Mes années passées près de l’eau à La Rochelle m’a aussi laissé un réflexe simple, relier la réverbération à la peau, pas à mon humeur du jour. Là, j’ai pourtant laissé passer un piège banal.
J’ai été frappée par la chaleur diffuse sur les omoplates dès que je suis restée trop longtemps en surface. J’avais aussi ce faux confort du ciel voilé, qui m’a fait baisser la garde. Ce que j’avais ignoré tenait à des signaux très bêtes :
- Sensation de chaleur diffuse ou de tiraillement au dos pendant la sortie
- Peau qui semble normale mais sèche vite en surface
- Absence de protection physique, comme un lycra, sur les omoplates
- Présence de sangles ou d’accessoires qui marquent la peau et accentuent la brûlure
En relisant les repères de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER) sur la réverbération en mer, j’ai compris pourquoi le dos avait pris plus que le ventre. La crème seule avait déjà commencé à lâcher au bout de cette première heure passée dans l’eau. J’ai fini, après coup, par faire étaler la crème sur mon dos par mon compagnon avant d’enfiler le lycra, et j’ai vu la différence sur les sorties suivantes.
Je me suis aussi rendue compte que la ligne rouge sur les omoplates venait de cette zone laissée trop exposée entre le bord du maillot et la sangle du gilet. Le rinçage à l’eau douce avait déclenché la brûlure avant même le miroir, et c’est ce détail-là que j’avais sous-estimé. Mon erreur tenait à une confiance trop rapide, pas à un manque de soleil. Depuis, je vérifie systématiquement le dos, les épaules et les sangles avant d’embarquer.
La brûlure qui m’a appris à ne jamais sortir sans lycra, même par temps couvert
Avec mon compagnon, sans enfants, je suis devenue plus méfiante avant chaque sortie snorkeling, surtout quand le ciel paraît laiteux. Je ne pars plus avec l’idée que l’eau fera écran à tout. Cette sortie m’a laissé une préparation plus lourde, mais aussi plus nette, parce que le dos n’a pas pardonné.
J’avais vraiment cru que la crème seule couvrirait le haut du dos, et j’ai mal lu ce que l’eau faisait à la surface. Je n’ai pas su voir le moment où la fraîcheur m’a trompée, ni celui où le sel a commencé à sécher sur la peau. En acceptant de sortir un peu plus chargée et de payer 24 euros j’ai compris très concrètement que le lycra évitait ce type de brûlure.
Pour la brûlure qui a duré 48 heures, je ne me suis pas crue compétente pour aller plus loin que le bon sens. Si la plaque avait gagné ou si la douleur avait continué, j’aurais laissé ça à un dermatologue, sans jouer la maligne. Je n’ai pas eu envie de refaire ce pari-là, et je n’ai pas cherché à me raconter autre chose.
« Je n’aurais jamais cru qu’une sensation de fraîcheur sous l’eau pouvait cacher une brûlure aussi violente, jusqu’à ce que mon dos crie au retour sous la douche. » À la Coudoulière, j’ai payé 48 heures de peau à vif pour une sortie que j’avais voulue trop légère. Si j’avais su ce que cette eau renvoyait sur mes omoplates, j’aurais gardé le lycra dans le sac dès le départ.



