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Je suis sortie de l’eau en boitant parce que j’avais oublié mes chaussons sur les rochers

juillet 8, 2026

Mes chaussons de pêche ont heurté un rocher, et mon pied nu a pris le relais au premier pas. Depuis la région de Poitiers, je suis partie trois heures vers la pointe de la Coubre, près du Phare de la Coubre, pour une mise à l’eau que j’avais trop vite simplifiée. Cette sortie m’a coûté 47 euros à la pharmacie de La Tremblade, et j’étais déjà agacée avant même d’avoir retiré le sable. En tant que Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba), j’ai l’habitude de traquer les détails qui cassent une sortie, mais ce jour-là, j’ai laissé passer le pire.

J’ai cru pouvoir faire sans chaussons, et ça a été ma pire erreur

C’était une journée à deux, avec mon compagnon, sans enfants, et on vit à deux, mon compagnon et moi. J’étais sûre de moi, parce que l’eau paraissait calme et que la descente semblait courte. J’ai vu mon compagnon remonter son matériel pendant que je gardais déjà un œil sur la mer, pressée de plonger.

J’ai laissé mes chaussons posés sur un rocher pour aller chercher le reste du matériel. Je pensais faire l’aller-retour en 2 minutes, le temps d’attraper le masque et la petite poche étanche. J’ai été convaincue que ce détour ne changerait rien, et je me suis retrouvée à revenir pieds nus sur le même passage.

Le terrain n’avait rien de tendre. Les rochers étaient humides, avec une pellicule d’eau qui cachait des plaques de moules, des patelles et des arêtes vives. À marée basse, l’estran avait l’air lisse depuis la rive, mais il grinçait sous le moindre appui. Je l’ai compris trop tard, quand la semelle trop fine de mes chaussons abandonnés n’était déjà plus qu’une idée loin derrière moi.

Au premier pas, j’ai senti une petite accroche sous le pied, presque rien, juste ce détail qui ne devrait pas inquiéter et qui me déstabilise encore quand j’y pense. Puis le petit craquement d’une patelle, ou peut-être d’un coquillage, a précédé la coupure. J’ai été frappée par la vitesse du geste, le pied qui bascule, la peau qui s’ouvre, et l’entaille nette sur la plante du pied, juste sous le gros orteil.

Le pied en sang, la douleur qui brûle, et la galère qui a suivi

Le sang s’est dilué dans l’eau claire dès le premier appui, et cette trace rouge m’a coupé net dans mon élan. J’ai relevé le pied et j’ai vu la coupure sans discuter avec moi-même. La douleur est montée après, sèche et bête, avec ce petit délai qui donne l’impression de pouvoir encore faire comme si de rien n’était.

Je me suis retrouvée à faire trois pas de travers, puis à m’arrêter pour de bon. J’ai passé 12 minutes à rincer la plaie avec de l’eau propre avant de pouvoir marcher sans serrer les dents. La baignade s’est arrêtée là, et j’ai boité pendant 3 jours, avec un dessous du pied qui tirait à chaque appui. J’ai même dû renoncer à une autre sortie prévue le lendemain, ce qui m’a franchement saoulée.

Le côté pénible ne s’est pas arrêté à la douleur. J’ai acheté en urgence une petite trousse de secours à 18 euros, parce que la mienne était restée à la maison, et j’ai passé le reste de l’après-midi à regarder l’eau au lieu d’y retourner. Mon compagnon a continué à profiter du bord, tandis que je traînais derrière, coincée par la gêne et par la peur de rouvrir la plaie. Ce n’était pas dramatique, mais c’était assez bête pour gâcher toute la journée.

Le sel a piqué la coupure comme une aiguille sale, puis le sable s’est glissé dans la petite entaille. Cette sensation-là m’a marquée plus que le sang, parce qu’elle donnait vraiment l’impression que le pied était à vif. À chaque frottement, la brûlure revenait, et je n’avais qu’une envie, rentrer et laver tout ça correctement.

Ce que j’aurais dû faire avant de poser le pied dans l’eau

J’ai mis du temps à admettre que l’erreur venait d’un détail ridicule. J’aurais dû garder mes chaussons aux pieds jusqu’au bout, même si cela me faisait marcher un peu moins vite sur les rochers. Deux minutes gagnées ne valent rien quand on passe trois jours à boiter et qu’on gâche le reste de la sortie.

Après coup, j’ai regardé mes vieux chaussons autrement. La semelle de 3 mm me paraissait déjà trop fine pour une mise à l’eau rocheuse, et je comprends mieux pourquoi les modèles plus épais, autour de 5 mm, reviennent dans les échanges de terrain. Je suis devenue plus attentive à la tenue au talon aussi, parce qu’un chausson qui flotte un peu m’a toujours semblé plus maladroit qu’utile.

  • la petite sensation d’accroche sous le pied, juste avant la coupure.
  • la semelle qui grince et les micro-accrocs sur les patelles.
  • les appuis hésitants, quand le pied part sur un film d’algues.

Ce qui m’a achevée, c’est d’avoir hésité à revenir chercher les chaussons. Je me suis dit que ça irait, que le passage serait court, et que je n’allais pas recommencer l’aller-retour. J’étais restée plantée là à faire l’économie de quelques secondes, alors que le vrai coût était déjà lancé.

J’ai fini par relire mes notes de terrain avec mes années passées près de l’eau à La Rochelle en tête, et cette fois je ne me suis pas racontée d’histoire. Mon travail de Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba) m’a appris que les estrans rocheux ne pardonnent pas le petit excès de confiance, surtout quand on croit voir un passage sûr depuis la rive. Un organisme officiel et l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER) rappellent d’ailleurs, dans leurs repères de terrain, que les zones rocheuses demandent de regarder sous la pellicule d’eau, pas seulement à la surface.

Aujourd’hui je ne fais plus jamais l’erreur, et voilà pourquoi

Je suis rentrée de la pointe de la Coubre avec un pied qui battait et une vraie honte d’avoir voulu gagner du temps. Depuis, mes chaussons passent avant le premier pas sur l’estran, pas après. Je suis devenue beaucoup moins légère sur ce point, parce que j’ai encore en tête le moment où j’ai posé le pied nu sur ce rocher à arête vive.

J’ai remplacé mes anciens modèles par une paire plus épaisse, avec une meilleure tenue au talon, et le changement m’a paru net dès les premières sorties. La semelle travaille mieux sur les plaques de moules, et je ne sens plus chaque aspérité comme un rappel à l’ordre. J’ai aussi gardé une paire de 34 euros pour les sorties simples, et une autre plus robuste pour les accès plus rudes.

Ma petite trousse de secours reste dans le sac, avec de quoi rincer, protéger et éviter que la blessure ne se rouvre au moindre frottement. Je ne fais pas de médecine, et pour une plaie qui rougit, qui suinte ou qui ne se referme pas, je laisse un médecin regarder ça. Ce n’est pas mon terrain, et je préfère le dire franchement plutôt que faire semblant de savoir.

Mon travail de Rédactrice spécialisée pour magazine nautique (Akwaba) m’a appris à prendre au sérieux les détails qui paraissent minuscules depuis le bord. Cette sortie à la pointe de la Coubre m’a coûté 47 euros, 12 minutes de rinçage, 3 jours de boiterie, et une bonne claque d’orgueil. C’est mon retour d’expérience, pas une théorie. J’aurais gagné bien plus en mettant mes chaussons avant ce premier pas. J’aurais dû le faire, et cette coupure sur la plante du pied m’est restée assez longtemps pour que je m’en veuille encore un peu.

Anne-Laure Gribelin

Anne-Laure Gribelin publie sur le magazine Akwaba des contenus consacrés à la pêche, à l’équipement nautique, à la plongée et aux conseils pratiques liés aux loisirs en mer. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la volonté d’aider les lecteurs à trouver des repères utiles.

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